The Jerry Khan Bangers (F)

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Retour dans les années 1950’s, là où les Johnny Cash, les Elvis Presley et les tout grands bonhommes du rockn’ roll, blues et compagnie se défiaient à coup de swing et de délices psychédéliques en tout genre. Voilà toute une dimension que les Jerry Khan Bangers ont souhaité (re)vivre. Du haut de leur jeune génération, la question de leur volonté de faire revenir les fifties dans nos temps serait toute faite. Or, la particularité reste inaperçue, insondée auprès du groupe. À Toulouse, semble-t-il, le Texas a réémergé sous la houlette de Lindçay et de ses trois boys. Face à ce rock ancien, mais loin d’être vieillissant, les Jerry Khan Bangers retrouvent un sentiment de liberté, celui de la joie distillée au contact de leur micro, de leur guitare, batterie ou bien même contrebasse, signes imparfaits du rockabilly d’antan. À l’image de leur morceau « Bang Bang », titre de leur premier album éponyme sorti en mars 2015, la bande française retient tout de son excentricité. La voix tailladée de Lindçay contribue à façonner le style. Rien de commun, les Jerry Khan Bangers sillonnent depuis quelque trois ans, scènes et studios d’enregistrement à la recherche affinée de leur unicité. Et, semble-t-il, c’est réussi. Après un premier album de chauffe, les quatre artistes reviennent sur le devant de la scène avec ce qu’ils considèrent être leur premier vrai accomplissement ; « Get Movin’ On », fraîchement sorti en juin dernier, ce disque entraînant et au carrefour de leurs différentes natures.

Si les bases du groupe ont sensiblement changé tout au long de ces trois années d’existence, les Jerry Khan Bangers ont toutefois su rester inconditionnellement fidèles à eux mêmes face à ce style atypique. Cet esprit fifties qui éloigne considérablement le spleen de la nostalgie et qui soulève les tendances instinctives du public. De ce rock des années d’après-guerre, la bande y a progressivement teinté une touche de blues plus moderne bien que de base, la volonté était de reproduire la musique cadre des années 1950. Dans ce vagabondage des entre-styles – rock, rock n’ roll, rockabilly, blues – les Jerry Khan Bangers ne se fixent aucune limite, aussi car les influences étasuniennes de cette époque sont nombreuses. Toutefois, les apparences du groupe font parcimonieusement référence à cette culture populaire américaine du demi-siècle précédent. La voix rauque et saccadée de Lindçay, les moustaches en croc d’Arnaud, la batterie « réduite » de Sacha et surtout la contrebasse de Pierre-Jean, marque typique de l’instrumentation du rockabilly. « C’est un instrument qui nous réserve chaque jour beaucoup de surprises – débute Pierre-Jean avant de poursuivre – C’est un instrument qui n’est pas facile à manipuler. On a, à peu près, tous ce rapport amour-haine avec la contrebasse. Et il est vrai que je la redécouvre à chaque fois que je la sors de la housse ». Une réalité qui redonne à la scène toute sa splendeur et sa magnificence ; une magnificence tout autant ressentie par l’ensemble du groupe comme en témoigne Lindçay : « Sur scène, on arrive à se surprendre finalement et on s’en rend compte uniquement quand le show est terminé ». « Nous sommes dans un état second – ajoute Arnaud – nos prouesses musicales sont souvent instinctives et par là incontrôlées. Tout réside dans les tripes et la fusion avec l’instrument ». Nul doute alors que les Jerry Khan Bangers vivent la scène autant que possible dans cette ambiance festive qu’ils aiment propager de par leurs improvisations et leur talent. Vivre le moment semble être le motto incontestable de ces jeunes artistes en quête de satisfaction et de béatitude.

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